REPUBLIQUE DU SENEGAL - MINISTERE DE LA SANTE ET DE L'ACTION SOCIALE

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Le virus de l'hépatite A (VHA) est un virus à ARN non enveloppé de la famille des Picornaviridæ. Il a une répartition mondiale et constitue une des principales causes d'hépatite virale aiguë.

L'endémie est particulièrement élevée dans les régions ayant des conditions sanitaires limitées, telles que l'Afrique, l'Asie et l'Amérique centrale et du Sud. L'infection est alors acquise lors de la petite enfance et les patients sont souvent asymptomatiques. A l'âge adulte, le taux de séroprévalence est proche de 100%. Dans les pays à endémie moyenne, soit en Europe du Sud et de l'Est surtout, l'infection atteint les enfants plus âgés et les adolescents qui ont des formes symptomatiques modérées. Le taux d'immunité chez l'adulte est de 60 à 90%. En Europe du Nord et de l'Ouest, en Amérique du Nord et en Australie, la prévalence est faible avec une séroprévalence chez l'adulte variant entre 15 et 60%. Le pic d'infection touche les adolescents et les jeunes adultes qui sont symptomatiques et peuvent même présenter des formes fulminantes.

Transmission

La transmission se fait majoritairement par voie féco-orale. Le virus, excrété en grande quantité dans les selles, est relativement résistant à la dégradation hors du corps. Il est hautement contagieux et parmi les personnes exposées, 70 à 90% sont infectés. La contamination se fait surtout par l'eau et les aliments qui ne sont pas ou insuffisamment cuits. La transmission parentérale est exceptionnelle. La période de contagion s'étend de la seconde moitié de la période d'incubation, qui dure de 14 à 49 jours, jusqu'à la fin de la première semaine de symptômes cliniques. Certains patients gardent une excrétion fécale prolongée, avec détection du virus par PCR pendant trois mois. L'importance épidémiologique de cette manifestation reste inconnue.

Prévention

Mesures d'hygiène

Elles constituent la prévention la plus importante. Un lavage des mains soigneux, la cuisson de l'eau (bouillir pendant au moins 20 minutes) et des aliments permettent de diminuer significativement la transmission. Pour les voyages dans les pays à moyenne et haute endémie, il faut éviter d'utiliser de l'eau qui ne soit pas en bouteilles scellées, des boissons contenant des glaçons, des aliments non ou mal cuits, des fruits et des légumes non pelés.

Immunoprophylaxie passive (immunoglobulines)

Elle peut prévenir ou atténuer une infection aiguë si elle est donnée dans les deux semaines qui suivent l'exposition, soit avant l'apparition des symptômes cliniques. Les effets secondaires sont rares et modérés. Son utilisation est limitée, mais peut être discutée pour les patients souffrant d'une hépatopathie chronique, et ayant de ce fait un risque élevé de développer une forme sévère, qui ont été en contact proche avec un patient présentant une forme aiguë.

Immunoprophylaxie active (vaccination)

Les vaccins à disposition sont inactivés, bien tolérés et hautement immunogènes. Chez les patients ayant vécu dans des régions de haute endémie, ni la recherche d'anti-VHA ni la vaccination ne sont recommandées. La séroconversion apparaît déjà un mois après la première injection chez les personnes jeunes et en bonne santé. La deuxième injection intramusculaire doit être effectuée 6 à 12 mois plus tard. Elle permet d'obtenir une protection efficace chez 95 à 100% des personnes pour de nombreuses années, et probablement à vie. Compte tenu de l'excellente réponse au vaccin chez les personnes immunocompétentes, il n'y a pas d'indication à contrôler les anti-VHA après la deuxième dose.

Chez les patients immunodéprimés, le taux de séroconversion est plus faible. Il est aussi diminué chez les patients ayant une hépatopathie chronique, même en l'absence de cirrhose. Chez les patients avec une hépatopathie ayant un risque plus marqué d'hépatite A aiguë sévère et de décès, il est donc important de proposer la vaccination le plus tôt possible dans le cours de la maladie. Les patients cirrhotiques ont un taux de séroconversion très faible, mais il n'existe actuellement pas de recommandations quant au contrôle de la réponse après la vaccination ou de la prise en charge des non-répondeurs.

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